mercredi 21 septembre 2016

La griffe du chien



Enfin, pourrais-je me dire….et quel soulagement de fermer ce livre entamé pleine de courage, et pressée d’en finir quitte à prendre quelques libertés….

Salué par les plus grands, Don Winslow donne ici une vision à la fois romancée et documentaire de la guerre contre la drogue que les USA ont menée et perdue.

Nous suivons un grand nombre de personnages qui d’une manière ou d’une autre ont été impliqués dans cette lutte contre le trafic à grande échelle où politiques et malfrats de tout poil et de toute envergure côtoient ceux décidés à mettre un terme à la déferlante de drogue sur les Etats-Unis.

Evidemment, ce roman est ambitieux…800 pages, ça n’est pas rien. Je reconnais bien volontiers à l’auteur un travail de titan sur le sujet. Je m’incline humblement devant le résultat et l’accueil enthousiaste qu’il a suscité alors que tout cela m’a à la fois laissé de marbre, lessivé, et finalement lassé.

Hélas, j’ai trouvé l’ensemble plus qu’indigeste, long, très long, trop dense, trop touffu .
Voilà un roman culte qui pour moi ne restera pas un souvenir impérissable, et me tiendra sagement éloignée de la suite qui vient de paraître récemment.

La griffe du chien, de Don Winslow, traduit de l’américain par Freddy Michalski chez Fayard (2007, 765 pages), disponible en poche chez Points (2008,826 pages)


Né à New York en 1953, Don Winslow a été détective privé avant de devenir un auteur majeur du thriller américain. Il a reçu le Shamus Award à deux reprises et a été plusieurs fois adapté à Hollywood.

 Challenge Petit bac chez Enna : animal (ligne 4)


dimanche 18 septembre 2016

La rage



Nous avions quitté le procureur Szacki après une enquête éprouvante  à Sandomierz au sud de Varsovie. Quatre ans plus tard, nous le retrouvons, cette fois au nord du pays, à Olsztyn, petite ville apparemment sans histoires, agrémentée de nombreux lacs et forte de son passé prussien. Notre procureur  n’est pas vaillant ; il démarre à tâtons une nouvelle  relation sentimentale alors qu’il peine à renouer le contact avec son ado de fille.
En petite forme notre procureur ; d’autant qu’un stagiaire pugnace et très à cheval sur le droit  ne le lâche pas d’une semelle. Pour l’enfoncer un peu plus, Szacki ne prend pas au sérieux une femme venue lui faire part, à mots couverts de violences conjugales sur sa personne, tandis qu’un étrange macchabée ne parvient pas à livrer tous ses mystères.
Le sujet est donc jeté : les violences domestiques dans une Pologne  encore jeune sur le long chemin de la démocratie .Pour la dernière aventure du procureur, Miloszewski ne se retourne pas sur le passé de son pays, mais au contraire s’inscrit dans un présent lourd et oppressant

On suit cette histoire, comme précédemment, sur un mode journalier. Tout y est disséqué et dépecé. Zygmunt  Miloszewski nous emmène au cœur d’une intrigue complexe, travaillée .Il nous tiendra en haleine jusqu’au dénouement qui surprendra. Il n’est pas particulièrement porté sur la précipitation ; il prend son temps pour installer ses personnages et les faits. L’atmosphère un peu grise,  et froide est particulièrement  bien rendue. Son écriture est soignée, et précise.
Il ne faut pas y chercher de super –héros, amis au contraire un procureur peu flamboyant, en perte de vitesse, tiraillé entre l’éthique et la rage qui l’anime au plus profond de lui.

Après Un fond de vérité que j’avais lu avec beaucoup de plaisir, la rage confirme un auteur talentueux qui donne à ses lecteurs (et lectrices) du polar différent et dépaysant où il fait bon se faire manipuler de temps à autre !

Un grand merci à Muriel pour sa gentillesse .

La rage de Zygmunt Miloszewski, traduit du polonais par Kamil Barbaski, aux éditions fleuve noir (Septembre 2016, 540 pages)


Zygmunt Miloszewski est né à Varsovie en 1976. Écrivain, journaliste et scénariste, il publie en 2005 son premier roman d’horreur, Interphone, très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec la trilogie mettant en scène le procureur Szacki. Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point. Après Les Impliqués (Mirobole) et Un fond de vérité (Mirobole), La Rage est son premier roman à paraître chez Fleuve Éditions.


mercredi 14 septembre 2016

Et la vie nous emportera



Prologue et épilogue se situent en 1952 dans une réserve du Minnesota, pour constater la mort d’une jeune femme répondant au nom de Prudence, le titre original de ce livre….

Entre les deux, l’auteur nous plonge au moment où les États-Unis vont entrer en guerre. D’un côté les Washburn, parents et le fils Frankie ; de l’autre Billy, jeune métis et Félix, le vieil indien, travaillant tous deux sur la propriété de la famille.
 Prudence fait son apparition lors d’un évènement, qui dit-on va bouleverser le destin de la famille…
J’ai dit dit-on, car, justement, c’est là que je suis très embarrassée pour commenter un roman, bien écrit, et bien traduit du reste, qui m’a complètement laissée au bord de la route. J’ai, en outre eu du mal à en comprendre le sens, la finalité et par conséquent son intérêt.
 En lisant le sujet, j’attendais un grand roman sur les amérindiens, j’attendais quelque chose de fort, et comme le prétendait Toni Morrison « un roman extraordinaire et véritablement hypnotique » !!!! Rien que cela. Alors je crois que nous n’avons pas lu le même livre. Je n’y ai vu aucun panache, j’y ai trouvé des longueurs, et éprouvé un certain ennui, et une grosse question en le refermant «  mais qu’est que l’auteur a bien voulu me raconter ? »

Je n’ai pas compris la traduction du titre pour ce roman, qui à mon sens aurait gagné en clarté à conserver celui que l’auteur lui avait donné dans sa langue originale.

Bien entendu, beaucoup sur la blogosphère ont apprécié ce roman. Il ne fait aucun doute que certaines choses m’ont échappé ;peut-être pourra-t-on m’éclairer. A moins que la rencontre avec l’auteur ne se soit tout simplement pas faite. Il me sera dans ce cas un peu difficile de faire une seconde tentative.
Dommage, j’aurais tant voulu l’aimer….

Merci aux éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.



Et la vie nous emportera de David Treuer, traduit de l’américain par Michel Lederer, chez Albin Michel (Août 2016, 320 pages)

David Treuer est un auteur américain né à Washington DC en 1970.
Son père, juif autrichien, a émigré aux États-Unis en 1938, et sa mère est une amérindienne Ojibwé. Il a grandi dans la réserve indienne de Leech Lake, au nord du Minnesota.
Il a étudié à l'université de Princeton et a obtenu son diplôme en 1992 après avoir écrit deux thèses.
Il a publié son premier roman, "Little, en 1995". Son second livre, "The Hiawatha", a suivi en 1999. Il a publié deux livres simultanément à l'automne 2006: "Le Manuscrit du docteur Apelle" (nommé "Meilleur livre de l'année 2006" par le Washington Post, le Minneapolis Star Tribune, le Time Out Chicago et City Pages) et "Native American Fiction: A User's Manual".

En 2016, il publie "Et la vie nous emportera".

Il enseigne à l'Université du Minnesota, à Minneapolis.

lundi 12 septembre 2016

Ce que je ne pouvais pas dire



Président du Conseil Constitutionnel pendant 9 ans, Jean-louis-Debré, comme d’ailleurs les autres membres (nommés, ou membres de droit) était tenu à un strict devoir de réserve tant vis à vis les travaux propres de l’institution que  de la vie politique du pays et de ses acteurs.

Ce qui ne l’a pas empêché, au fil des jours de consigner par écrit réflexions, témoignages, remarques, états d’âme, opinions etc…etc…Libéré de son devoir de réserve, il a décidé de les publier, en l’état sous une forme un peu hybride entre mémoire, journal et essai ; un peu comme on prendrait sur le vif, sans trop s’occuper d’esthétisme, une photo d’un instant pour l’immortaliser tel qu’on l’a vécu à ce moment précis.

Il en résulte des textes plus ou moins courts, plus ou moins travaillés, plus ou moins lapidaires. Des textes pouvant être tantôt « professionnels » quand il s’attache à expliquer le travail de cette institution fort méconnue, son rôle majeur dans la démocratie, sa mutation ces dernières années ; mais aussi plus personnels voir intimes lorsqu’il évoque ses combats, les apports familiaux, amis aussi l’attachement presque filial avec Chirac qu’il tente d’accompagner du mieux qu’il peut (et je le crois sincère) dans sa maladie.

On apprend beaucoup de chose de ses rapports (pouvant parfois être houleux) avec la classe politique actuelle ou passée. Très vite, on peut se rendre compte de l’indépendance d’esprit du personnage, et de son absence d’esprit partisan. Il peut se révéler féroce à l’égard d’untel ou une telle, ne ménageant pas  les personnalités de son propre bord politique d’ailleurs. C’est  sans détour qu’il parle des nombreuses pressions qu’il a pu subir durant ses  9 années, d’un certain nombre de dysfonctionnements et « mauvaises habitudes » de l’institution auxquels il s’est attelé à mettre fin.

Voilà un ouvrage qui se veut sans prétention, qui m’a paru honnête et sincère ; un ouvrage instructif pour les éclairages qu’il apporte, émouvant quand il aborde un registre plus personnel, et souvent drôle pour la liberté de ton  qui est la sienne.

Ce que je ne pouvais pas dire, Jean-Louis Debré, chez Robert Laffont (Avril 2016, 360 pages)


Jean-Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel de 2007 à 2016, a été ministre de l'Intérieur et président de l'Assemblée nationale. Il est aussi romancier et écrivain. Son dernier livre, Je tape la manche, chez Calmann-Lévy, s'est vendu à plus de 40 000 exemplaires.

mercredi 7 septembre 2016

La valse des arbres et du ciel



Auvers sur Oise, été 1890
Van Gogh quitte l’asile de St Rémy de Provence, et se rend à Auvers sur Oise, non de son frère Théo qui a demandé au Dr Gachet de veiller sur lui. Il ne lui reste qu’une soixantaine de jours à vivre. Selon l’histoire officielle il se tire une balle, et meurt 2 jours plus tard à l’auberge Ravoux où il louait une modeste chambre….

Jean –Michel Guenassia s’amuse ici à revisiter la fin de vie de Van Gogh, réfutant la thèse du suicide, celle de la maladie mentale du peintre.
A contrario, il imagine un Van Gogh tombé éperdument amoureux de la fille de son médecin, Marguerite, féministe avant l’heure, se moquant  des conventions sociales de l’époque, et bravant de fait  une éducation bourgeoise et les dictats d’un père odieux et maltraitant. Marguerite est la narratrice de ce roman. C’est à travers elle que l’auteur expose son propos.

Tel est le point de vue de l’auteur, ou en tout cas, la direction qu’il a souhaité donner à une imagination, certes, assez fertile, mais finalement assez peu audacieuse et iconoclaste.

On ne s’ennuie pas à la lecture de ce roman, entrecoupé de réelles missives et articles de presse pour remettre le lecteur dans un contexte historique et social. Il y a un certain plaisir à parcourir ces pages, une certaine légèreté  qui est la bienvenue, une fraicheur évidente. Mais malgré tout, c’est avec un sentiment d’inachevé que l’on quitte cette histoire bien écrite au demeurant, qui au bout du compte ne marquera pas plus que cela la rentrée littéraire 2016.

Je remercie les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre.

La valse des arbres et du ciel, de Jean-Michel Guenassia, chez Albin Michel (Août 2016, 300 pages)


Jean-Michel Guenassia est un écrivain français né en 1950 à Alger.
Avocat pendant six ans, Jean-Michel Guenassia vit de sa plume en écrivant des scénarios pour la télévision.
Il publie un roman policier en 1986, Pour cent millions (éditions Liana Lévi, prix Michel-Lebrun), dont il dit : "Je ne le renie pas,... mais je n'ai pas donné suite, il me fallait autre chose" , puis il fait jouer des pièces de théâtre, notamment, Grand, beau, fort, avec des yeux noirs brûlants..., en 2008 en Avignon.

Son roman, Le Club des Incorrigibles Optimistes, paru à la rentrée littéraire 2009, a obtenu le Prix Goncourt des lycéens. Jean-Michel Guenassia est aussi le Lauréat du Prix du Roman Chapitre 2012 pour La vie rêvée d´Ernesto G.