dimanche 22 avril 2018

La chambre des merveilles


Louis a 12 ans, il vit avec sa mère Thelma qui l’élève seule, par choix. Il a une grand-mère qu’il dore, mais que sa mère fuit un peu…Thelma ne vit que pour son travail, et n’a guère le temps d’écouter Louis, qui justement, avait ce jour-là quelque chose à lui dire…Sauf que, Louis se fait renverser par un camion, et se retrouve sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort.

A la maison, sous son matelas, un petit carnet dans lequel Louis confie ses rêves les plus fous…la chambre des merveilles !

Et voilà Thelma dont la vie est bouleversée, et qui trouvant le précieux objet, se promet de tout réaliser, pour Louis.

Cela donne une série d’aventures à la fois pleine de d’émotions, de rythme, de drôleries et de sourires.

L’autre intérêt de ce" bonbon acidulé" réside dans la diversité des points de vue qui donne encore plus de rythme, et ajoute de la fantaisie  alors qu’objectivement, la situation est grave pour Louis comme pour Thelma.

D'ordinaire,je suis assez peu attirée par les livres dits" feel good", autrement dit, le livre un peu facile sensé vous faire du bien, plein de bons sentiments.
Oui, mais voilà, parfois, le temps manque un peu, l’énergie et la concentration aussi, mais l’envie de lire est bien là, je dirais même fortement là !

 Je ne sais pas, aujourd’hui, si à moyen terme  son souvenir sera aussi vivace et son sillon aussi marqué, mais sur le moment, il aura parfaitement rempli son rôle.

La chambre des merveilles de Julien Sandrel chez Calmann-Lévy (Mars 2018, 2372 pages)


Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France, est marié et père de deux enfants. Aujourd’hui, il réalise enfin son rêve d’enfant en publiant son premier roman, La chambre des merveilles.

vendredi 20 avril 2018

Un océan, deux mers, trois continents


Un océan, deux mers, et trois continents, telles est l’étendue du parcours de Nsaku Ne Vunda, Dom Antonio en religion. Nous sommes au 16ème siècle, sur les rives du fleuve Kongo, un jeune orphelin devient prêtre, et est choisi pour être ambassadeur auprès du pape.

Wilfried N’Sondé relate ici, sous la forme de la fiction, son parcours, et sa prise de conscience devant la cruauté des hommes.
Qui connait cet homme, qui a son buste en marbre noir dans la Basilique Sainte Marie Majeure de Rome ? Pa moi ; je n’ai même pas le souvenir de ce buste lors de mon passage dans la basilique.

Cet homme candide d’une infinie compassion pour ses semblables découvre l’esclavage, la cruauté, le viol, la traite des hommes et des femmes. Son épopée met à mal sa foi en Dieu et en l’homme.

J’ai trouvé le thème original et fort intéressant. Et pourtant, je suis passée à côté de ce roman parce qu’il ne m’a tout simplement pas touché. Je l’ai en quelque sorte lu de manière très distanciée sans trouver de grief à son encontre.

Dommage ! J’aurais aimé pouvoir partager l’enthousiasme de Jostein qui l’a fait voyager jusqu’à moi.

Un océan, deux mers, trois continents de Wilfried N’Sondé, chez Actes Sud (-Janvier 2018, 270 pages)


Né à Brazzaville en 1968, émigré en France à l’âge de 5 ans, il y fait de brillantes études : licence en Sorbonne puis maîtrise de sciences politiques à l’université de Nanterre. Wilfried N’sondé, chanteur et compositeur de la scène berlinoise qui a grandi dans un quartier populaire de la banlieue parisienne, est un nouvel arrivant dans la littérature urbaine et francophone plus généralement. Le cœur des enfants léopards, roman au titre poétique et énigmatique, rapporte l’histoire d’un jeune amoureux abandonné par son premier amour connue à l’âge trois ans alors qu’il venait de débarquer en France. Désespéré, il noie son chagrin dans l’alcool. Et alors qu’il est ivre mort, il commet un acte malheureux et irréparable. L’auteur installé à Berlin, en Allemagne depuis une quinzaine d’années, jette à travers le portrait de son personnage, « un jeune de banlieue issu de », un regard sombre, désabusé mais convaincant sur les quartiers en difficultés, communément appelés « cités ». Ces quartiers où sont parqués les populations les plus pauvres, souvent immigrées et où les destins des jeunes sont voués à l’impasse par manque de perspectives d’avenir.

Le Cœur des enfants léopards a reçu le prix des cinq continents de la francophonie et le Prix Senghor de la création littéraire en 2007

lundi 16 avril 2018

Fuki-no-tô


Quand arrive le printemps, arrive également chez nos libraires un nouvel opus d’Aki Shimazaki, japonaise de naissance mais française de cœur puisqu’elle parle et écrit dans notre langue.
Nous avions croisé Atsuko dans le premier opus alors que son couple était plongé en plein marasme. Atsuko était plutôt vue sous l’angle de son mari.
Nous la retrouvons ici plus épanouie ; Elle a changé de travail, son mari également. Ils vivent désormais à la campagne. Tout pourrait aller pour le mieux…mais le "hasard" lui amène son amour de jeunesse, Kukiko ; et c’est une femme….Atsuko s’apprête à vivre un véritable tsunami .

Dans un Japon  à la fois moderne et campé sur ses traditions et machiste, Aki Shimazaki lève le voile sur l’homosexualité féminine. Son écriture, comme toujours se veut fine, imagée. Elle traduit un sens aiguisé de l’observation, et colle parfaitement au contexte sociétal. Nul besoin de choquer et d’y aller de manière abrupte. Aki Shimazaki, au contraire déploie toute sa finesse au service d’un sujet délicat, qui de mémoire, n’a encore jamais été abordé dans son œuvre.
Cette fois, elle délaisse les grandes villes, pour la campagne, la vie au grand air, le calme et la solitude.

C’est un plaisir chaque fois renouvelé de retrouver cet auteur qui en peu de mots, sous l’apparence de la simplicité et de la facilité nous parle de notre intimité, de nos choix, et nos tourments intérieurs.

Fuki-no-tô d’Aki Shimazaki chez Léméac/Actes Sud (Avril 2017, 152 pages)


Née au Japon, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis 1991. Sa pentalogie Le Poids des secrets comprend Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru (prix littéraire du Gouverneur général du Canada 2005). Son deuxième cycle romanesque, Au coeur du Yamato, est composé de Mitsuba,Zakuro, Tonbo, Tsukushi et Yamabuki. Elle débute en 2015 un nouveau cycle romanesque, L’ombre du chardon avec Azami,Hôzuki et Suisen. Toute son œuvre est publiée par Leméac/Actes Sud.

samedi 14 avril 2018

Une histoire birmane


Birmanie, dans les années 1920, qui est une province des Indes britanniques…

C’est l’effervescence au club, cercle très fermé réservé aux blancs persuadés d’être les meilleurs. Chacun traine son ennui, boit, et méprise les indigènes.

De tout ce petit monde, seul Fleury peut s’attirer quelque sympathie. Il aime ce pays, ne méprise pas les habitants ; il n’a rien contre l’entrée au club de son ami médecin, indien ; mais n’a pas le courage de le soutenir ouvertement !

Une histoire birmane, s’inspire directement de l’expérience birmane  de l’auteur, alors qu’il est officier de l’armée britannique. Il prendra conscience du traitement réservé aux indigènes par l’occupant. A contrario, tout n’est pas rose de l’autre côté. Les crapules, ne se cachent guère ; corrompu jusqu’à la moelle, le magistrat use de tout son pouvoir pour nuire à la réputation pourtant impeccable de Veraswami, le médecin indien.

Dans ce roman, Orwell décrit avec un réalisme déconcertant la vie coloniale. L’atmosphère est parfaitement rendue. Et quand vient la mousson, la chaleur et la moiteur ne font que renforcer la sensation étouffante du climat politique et humain du moment. Il se veut une satire féroce du pouvoir colonial

Si j’ai apprécié la lecture de ce livre, je ne suis pas en mesure de le comparer avec 1984 dont la lecture est très ancienne (et pour être tout à fait honnête, j’en ai que trop peu de souvenirs), et en tout cas de le situer dans l’œuvre de l’auteur.
 
Une histoire birmane, de George Orwell, traduit de l’anglais par Claude Noël aux éditions Ivréa (2004,377 pages), disponible en poche  aux éditions 10/18 (2001,257 pages) Première parution en français en 1946.


George Orwell (de son vrai nom Eric Blair) est né aux Indes en 1903 et a fait ses études à Eton. Sa carrière est très variée et beaucoup de ses écrits sont un rappel de ses expériences. De 1922 à 1928 il sert dans la police indienne impériale. Pendant les deux années suivantes il vit à Paris puis part pour l'Angleterre comme professeur. En 1937 il va en Espagne combattre dans les rangs républicains et y est blessé. Pendant la guerre mondiale il travaille pour la B.B.C., puis est attaché, comme correspondant spécial en France et en Allemagne, à l'Observer. Il meurt à Londres en janvier 1950.

lundi 9 avril 2018

Les ombres de Montelupo


A la bonne heure Soneri est de retour ! Enfin, pas tout à fait, mais un peu quand même ! Pour tout dire, Soneri avait besoin d’un peu de repos. C’est loin de la ville, dans ses chères montagne, là où il est né qu’il part se ressourcer. Il compte bien aller aux champignons, et en fin gourmet qu’il est, il espère bien se régaler des bons produits locaux. La trêve ne durera pas bien longtemps. C’est le drame au village…
Soneri, bien qu’en vacances, se retrouve bien malgré lui mêlé aux affaires d’une famille qui, le moins que l’on puisse dire, ne sentent pas très bon.
Les souvenirs familiaux refont surface, et Soneri se retrouve confronté à son passé, et surtout celui de son père….

La mémoire ; tel semble être le fil conducteur de Valerio Varési qui a le don d’installer une atmosphère extrêmement palpable tout au long de ses romans. Ici, inutile d’aller dans la précipitation, pas de démarrages tonitruants. Varési installe les choses et ses personnages. On prend le temps d’observer la nature, de humer les sous-bois, d’écouter un oiseau, et de déguster les mets de la région. Il y a une forme de poésie dans son écriture qui donne à ce roman policier un petit côté artisanal, parce dépouillé des artifices du genre pour ne garder que l’essentiel : l’humain .

Sonéri, c’est un peu le Wallander du pays de Parme. C’est un ami qui un jour fait irruption dans votre vie de lectrice, et dont on a plus envie de se séparer. Un ami que l’on retrouve avec plaisir.

Un grand merci aux éditions Agullo et la masse critique Babélio.


Les ombres de Montelupo de Valério Varesi, traduit de l’italien par Sarah Amrani, ux éditions Agullo (Mars 2018,320 pages)

Né à Turin de parents parmesans, Valério Varesi est diplômé en philosophie de l’Université de Bologne après une thèse sur Kierkegaard.

Il devient journaliste en 1985, collabore à plusieurs journaux et est actuellement rédacteur de "Repubblica" à Bologne.

Il publie "Ultime notizie di una fuga", son premier roman, en 1998.

Il est l’auteur de onze romans au héros récurrent, dont "Le fleuve desbrumes" nominé au prestigieux prix littéraire italien Strega ainsi qu'au Gold Dagger Award en Grande Bretagne, et de "La pension de la via Saffi"

Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues.