dimanche 21 septembre 2014

A l'orée de la nuit



A la fois chantre d’une certaine nature, d’un cadre de vie sylvestre que l’on imagine aisément par les descriptions minutieuses de l’auteur, à la fois histoire d’amour et de renaissance, et montée en puissance d’une vengeance familiale qui se met en place insidieusement, ce roman est  riche, complexe, parfois déroutant, angoissant et reposant à certains égards.
Il demande un peu de temps au lecteur pour s’installer. Il peut, à certains moments, ennuyer par des sensations de longueurs, et de lenteur. Il m’a en quelque sorte imposé une pause qui aurait pu lui être fatale. Au contraire, quand je l’ai retrouvé j’avais enfin pris  son tempo pour ne plus le lâcher. C’est à ce moment –là que j’ai pu apprécier la qualité de traduction, la construction pas à pas des personnages, et la mise en place de cette histoire largement dominée par les forêts, et des êtres cabossés par la vie.

J’ai longtemps douté ; me suis souvent posé la question d’aller ou pas au bout de ma lecture. Je ne regrette pas de lui avoir donné le temps nécessaire afin de  l’apprivoiser, et de laisser germer en moi l’envie de découvrir  ses précédents ouvrages.

Je remercie les éditions Grasset de leur confiance  et de m’avoir permis de découvrir cet auteur.


A l’orée de la nuit, Charles Frazier
Grasset, Septembre 2014
382 pages


4ème de couverture :

Dans l’Amérique des Sixties, au fin fond des Appalaches où elle vit retranchée, loin des soubresauts du monde, Luce, jeune femme farouche et indépendante, se voit confier la charge des jumeaux de sa sœur défunte. Ayant vu leur père, Bud, une brute épaisse, assassiner leur mère, les orphelins traumatisés se sont réfugiés dans un mutisme inquiétant, où sourd une violence prête à exploser à tout moment. Patiemment, Luce va tenter de réapprendre la vie à ces deux écorchés vifs, et elle-même de reprendre goût à l’amour et à la compagnie des hommes. À celle, en particulier, de Stubblefield, nouveau propriétaire des terres où elle s’est établie. Mais leur idylle est menacée par le retour de Bud, blanchi du meurtre de sa femme et bien décidé à retrouver le magot que les deux enfants, croit-il, lui ont volé. C’est le début d’une longue « nuit du chasseur » : un western d’une beauté crue et crépusculaire, où Charles Frazier se révèle une fois de plus, après l’immense succès de Retour à Cold Mountain, comme l’un des grands romanciers des espaces américains.
A propos de l’auteur :

Charles Frazier est né en 1950 à Asheville, en Caroline du Nord. Il est l’auteur des romans Treize lunes (2008) et Retour à Cold Mountain (1997), lauréat du National Book Award, best-seller traduit dans le monde entier et adapté au cinéma avec Nicole Kidman et Jude Law. Il vit aujourd’hui avec sa famille dans un ranch de Caroline du Nord où il se consacre à l’écriture et à l’élevage des chevaux.

 



2 commentaires:

  1. Une lecture que j'ai également appréciée, malgré des longueurs certaines.

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