mardi 4 janvier 2011

Sous les étoiles


Par testament, le richissime et mystérieux Maurice Chauvet a contraint ses enfants à résoudre une énigme, faute de quoi sa fortune leur échapperait. A ses yeux, Patrick et Nicolas, ses fils, sont des ratés. Quant à Adrienne, jeune peintre de talent, sa vie tumultueuse l'a éloignée de son père.
Après la mort du magnat, pourquoi Adrienne décide t-elle soudain de relever le défi alors que l'argent ne l'intéresse pas ?
De Paris à Jérusalem et New York, guidée par un archéologue israélien, un cabaliste de Brooklyn, un jeune astronome et Michel Fuks, un romancier qu'elle a jadis aimé, Adrienne se lance dans une quête dont elle ignore le sens. Sans cesse le texte de l'énigme s'interpose entre elle et Chauvet, lui interdisant de connaître la paix qu'elle a si longtemps fuie et l'espoir d'elle ne sait quelle rédemption. Car la cruauté et l'amour des pères sont des secrets que leurs enfants ne peuvent percer sans mettre en cause leurs propres rêves. Pour Adrienne et ses frères, la liberté peut-elle naître du partage de la souffrance, de la reconnaissance et de la tendresse que recherchait le solitaire Maurice Chauvet ?
Peut-être la réponse se niche-t-elle sous les étoiles, au cœur même de l'énigme.
Livre voyageur, qui n’a pas emprunté la route des étoiles pour arriver jusqu’à moi, mais celles de l’amitié –et j’insiste sur le pluriel puisque qu’il en porte deux fois la marque ; d’une part de la personne qui m’en a fait cadeau, et je l’en remercie vivement, et de son auteur, d’autre part très attentive à l’accueil que l’on réserve à son œuvre.
Sous les étoiles, est l’avant dernier opus de Chochana Boukhobza découverte à l’occasion du troisième jour, paru récemment.
Radicalement différent, également, car plus mystique, plus ésotérique, j’ai un peu plus de mal à mettre en mots un avis de lecture, tant ma culture du fait religieux en général me fait défaut. Et, de fait, j’ai certainement mal compris, ou du moins mal perçu un certain nombre de choses.
Néanmoins, cela ne m’a pas empêchée d’en apprécier la lecture, et pour de multiples raisons.
La structure même du roman est agréable à appréhender :4 parties clairement identifiées, introduites par une citations de nos poètes ou des textes bibliques, une invitation au voyage à elles seules, précédées et suivies d’un prologue prometteur, et d’un épilogue qui pose la touche finale qui change tout et sans qui il manquerait un petit quelque chose.
Un livre structuré comme j’aime, c'est-à-dire avec logique, clarté ; j’oserais dire « scientifiquement »
L’écriture et le style me plaisent ; les mots sont choisis avec soin, les descriptions sont fines.
« New-York était la chair vivante que tous les mots, les photos, les commentaires ne feraient que déformer. »
L’intrigue, puisque c’est l’objet de ce roman, est bien menée. Le voyage auquel Chochana Boukhobza nous invite est à la fois dans le réel, en passant par Paris, New-York, et Jérusalem, mais aussi intérieur, avec le cheminement intime qu’Adrienne entreprend d’accomplir en tentant de résoudre l’énigme qui se pose à elle et ses deux frères, mais aussi, et surtout avec les échanges entre un vieux Rabbi et son petit fils. Le second, astronome, voit dans le ciel des étoiles, des constellations, et le premier y voit tout autre chose. Et c’est avec c’est autre chose que j’ai le plus de mal. Nous retrouvons cette dualité, entre Adrienne et ses frères, Entre le modernisme d’un observatoire de Manhattan, et le côté moyenâgeux une cour de Brooklyn où officie le vieux Rabbi.
Au cours de ma lecture, j’ai été frappée par la récurrence du chiffre 3 L'action se déroule dans 3 villes : 3 personnes pour bâtir l'énigme: Chauvet, l'archéologue, le Rabbi ; 3 personnes liées par cette énigme (dans la recherche) Adrienne, L'astrologue, et Michel ; une fratrie de 3 personnes ; les 3 diamants……..et 3 jours pour le lire (comme le troisième jour, d’ailleurs)
Est-ce un hasard, ou bien ………j’ai cherché une explication, sans succès…
Adrienne parviendra t-elle à relever le défi et récupérer l’héritage laissé par son père ? Que gagnera t-elle au fond, de ce périple ? Même si à un moment donné j’ai pu me douter, ça n’est vraiment qu’à la fin que les fils se dénouent. Et c’est tout ce qui fait le sel de ce livre : c’est qu’une fois le prologue lu, une seule option m’est offerte : aller au bout, pour savoir.
« Ton travail m’inspire du regret, pas du mépris. Car cent mille hommes peuvent prendre ta place devant ta lunette du télescope, mais dix à peine te valent pour étudier le Talmud ou la Cabale »
Chochana Boukhobza-Seuil (2002)-363 pages
Challenge ABC/Babélio: 11/26 [B]
Challenge 26 livres/26 auteurs: 1/26 [B]

1 commentaire:

  1. Une belle critique très claire qui me donne envie de lire ce livre !

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